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Dokument Hipolit Vladimir Terlecki an Leo Thun
Wien, 8. August 1860
Signatur Staatliches Gebietsarchiv Leitmeritz, Zweigstelle Tetschen-Bodenbach
Familienarchiv Thun-Hohenstein, Linie Tetschen, Nachlass Leo Thun
A3 XXI D601
Regest

Der Basilianer-Mönch Hipolit Terlecki bittet Leo Thun im Namen des Klostervorstands und seiner Ordensgemeinschaft um die Unterstützung für das Basilianerkloster in Krasnobrod. Bereits vor zwei Jahren habe der Bischof von Eperies die Regierung darauf hingewiesen, dass das Kloster eine jährliche finanzielle Unterstützung zur Versorgung der Brüder und Instandhaltung der Gebäude benötige.
Im zweiten Brief geht Terlecki auf das Schisma der Kirche ein und spricht sich für eine Aussöhnung aus. Eine besondere Rolle spricht er dabei den unierten Kirchen zu, die aber derzeit aus unterschiedlichen Gründen in Österreich stark geschwächt seien. Er schlägt daher einige Maßnahmen vor, wie das Ministerium die unierten Kirchen stärken könne. Zunächst sollte unter der Schirmherrschaft von Kaiser und Papst ein Konzil einberufen und ein Patriarch gewählt werden. Dieser könne in direktem Kontakt mit dem Papst agieren und die Belange er unierten Kirchen vertreten. Terlecki schlägt auch die Einführung eines einheitlichen Ritus vor. Außerdem bittet er darum, den unierten Klerus besser zu fördern und die Berufung eines ruthenischen Kardinals in das Kardinalskollegium voranzutreiben. Schließlich hebt Terlecki die bedeutende Rolle des Basilianer-Ordens, des einzigen Ordens der griechischen Kirche, hervor. Derzeit gäbe es zwei nicht geeinte Provinzen des Basilianer-Ordens: eine in Galizien und eine in Ungarn. Terlecki geht dann auf die Situation in diesen beiden Provinzen ein und betont, dass jene in Ungarn große Nachwuchssorgen habe, da es dort, anders als in Galizien mit der Universität Lemberg, keine gute Ausbildungsmöglichkeit für Novizen gäbe. Daher schlägt Terlecki vor, die beiden Provinzen unter dem Generalvorstand eines Archimandriten zu vereinigen. Außerdem erhofft er sich eine finanzielle Unterstützung seitens der kaiserlichen Regierung.

Beilagen, Anmerkungen

Französisch.

Zwei Briefe.

Schlagwörter
Transkription und Kodierung Dieses Dokument wurde von Christof Aichner und Tanja Kraler transkribiert und nach XML/TEI kodiert.
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Transkription

    Excellence,

    Le couvent de Krasnobrod de l'ordre de St. Basile, dans le diocèse d'Eperies [Prešov] au Comitat de Zemplin en Hongrie, est un de plus pauvres des couvents de cet ordre en Hongrie. Déjà avant deux ans sa Grandeur Mgr l'Evêque d'Eperies, alors visitateur apostolique, a représenté au haut Gouvernement de sa Majesté Impériale Royale et Apostolique, le besoin que ce couvent aurait d'une subvention annuelle. Ensuite dans l'année courante le supérieur du dit couvent le R. P. Tarasius Petrik a présenté une pétition dans le même sens. Dernièrement le Bezirksamt Payena interrogé: si le dit couvent se trouve réellement dans une telle nécessité et combien il en lui faudrait, a répondre: que le besoin fut réel et qu'il lui faut au moins 500 fl WA annuellement; vu que ses revenus de l'Eglise et des quêtes sont aujourd'hui très petits et ne peuvent nullement suffire au maintien des religieux et des édifices assez grands. Ce secours est d'autant plus nécessaire pour ce couvent, que c'est là, que doit être établi le noviciat de la province. Aussi le supérieur du couvent et toute la communauté ose présenter cette affaire à Votre Excellence et La supplier qu'Elle daigne accueillir avec sa bienveillance ordinaire et la décider en leur faveur.

    Votre Excellence

    le plus humble serviteur
    Vladimir Terlecki
    Prêtre de la communauté Krasnobrod
    de l'Ordre de St. Basile
    Docteur en médecine et en théologie

    Viennes, 8 d’août 1860
    Schönlatern Gasse Nr. 750
    Au séminaire Ruthenien

    Excellence,

    La question des Églises des rits orientaux déjà depuis plusieurs années préoccupe le St. Siège apostolique et on peut dire l'Europe toute entière et certes elle le mérite. Car comme d'un côté le triste schisme entre les Églises orientales et l'Église romaine a affaibli l'action du Catholicisme et a mis un de plus grands obstacle à l'accomplissement de sa mission: savoir la conquête morale du monde entier, ainsi de l'autre côté, rien ne peut pas autant faciliter la conversion de toutes les nations au christianisme, que la réconciliation de ces deux Églises. Aussi, y travailler, c'est faire un œuvre de plus méritoire devant Dieu et devant la postérité, c'est coopérer au plus grand bonheur de l'humanité.
    L'expérience a démontré à l'évidence que l'Église latine par elle-même ne peut pas emmener cette réconciliation. On l'a tenté plusieurs fois sans obtenir aucun résultat. Il semble que Dieu a réservé l'accomplissement de ce grand œuvre aux Églises de rits orientaux unies à l'Église romaine, qui forment l'unique terrain sur lequel les deux Églises opposées, se peuvent donner leurs mains.
    On peut facilement concevoir de cela, quelle grande importance ont ces Églises et combien il eut de l'intérêt du siège apostolique et des gouvernements catholiques de relever ces Églises, les rehausser et les mettre en état d'agir sur ses sœurs séparées. Mais de tous les gouvernements catholiques, celui de Sa Majesté Impériale Royale et apostolique doit sans doute s'intéresser le plus de cette question. Dieu a soumis à Sa Majesté Impériale Royale et apostolique l'énorme majorité de la population appartenante aux Églises unies – plus de 4.000.000 des fidèles. Aussi j'espère que Votre Excellence daignera accueillir avec bienveillance quelques lignes sur ce sujet, d'un homme qui a consacré à cette question les plus belles années de sa vie.

    L'Église Grecque Catholique des slaves et des valaques se trouve presque toute entière dans les limites de l'Empire d'Autriche. Le petit diocèse de Chelmno [Kulm], le reste de l'ancienne Église grecque-rothemien tombée sous la domination russe n'est à compter, comme se trouvant en dehors de toute action. Cette Église se compose des neuf diocèses, cinq slaves et quatre valaques. Deux d'entre les premiers sont en Galicie et renferment dans son sein à peu près 220.0000 âmes. Deux autres occupent la partie septentrionale de Hongrie et comptent à peu près 80.0000 âmes. Enfin le dernier diocèse slave est en Croatie avec 60.000 des fidèles. Les quatre diocèses valaques s'étendent dans la partie orientale de la Hongrie avec 100.000 à peu près de fidèles.
    Sous le rapport de la juridiction les deux diocèses de la Galicie sont soumis à l'Archevêque de Leopol. Deux Évêques du nord de Hongrie reconnaissent pour leur supérieur l'Archevêque latin de Gran, primat d'Hongrie. L'Évêque de Croatie est sujet à l'archevêque d'Agram et enfin les quatre Évêques valaques ont leur propre archevêque. Ainsi ses neuf diocèses du même rit sont divisés en quatre parties dépendantes des quatre archevêques. Il serait superflu de prouver combien ce partage est préjudiciable au développement de l'Église grecque catholique et combien il la rend faible à l'égard de l'Église non unie.
    La seconde cause de la faiblesse de l'Église catholique slave-valaque est l'esprit de supériorité, de prédomination et de méfiance, que le clergé latin qui l'entoure montre à son égard. Les fastes historiques sont plein de documents, qui prouvent la vérité de ce que j'avance cet esprit s'est tellement enraciné dans le clergé latin, qu'il se manifeste à chaque occasion, sauf des acceptions qui grâce à Dieu sont à présent plus fréquentes. Jadis quand le clergé grec-catholique fut encore primé des moyens d'instruction, cette disposition d'esprit des latins, avait au moins quelques fondements, aujourd'hui c'est injuste et irresonnable. C'est par cet esprit de domination que le clergé latin a introduit beaucoup d'injustes abus, entre autres par exemple: le droit de prélever les dimes des rutheniens, ce qui ne pouvait que mécontenter et irriter ces derniers, l'abus dont l'an 1848 a fait justice. Mais il existe encore en bien d'endroits un pareil impact également injuste, qu'il serait temps peut être aussi d'abolir. C'est ainsi appelé Maschna, un tribut que les Rutheniens payent aux Curés latins pour les messes que ceux-ci célèbrent, sans avoir même l'obligation de le offrire pour ceux-là. Mais s'il constituait même une offrande forcée, ne serait-il pas mieux qu'ils la donnent à leurs propres curés? Aussi d'un côté les Rutheniens se méfient des latins et voient partout en eux les tendances de latinisation et de domination et de l'autre les latins pour chaque chose qui ne refait pas selon leur manière de voir crient forte suite: au schisme, aux tendances russes. A cela se joint encore la rivalité des nationalités, qui repousse les deux clergés l'un de l'autre. Et comme les nationalités polonaise et magiare sont prédominantes et les Rutheniens ne comptent pas parmi eux que très peu des nobles et des riches, aussi le plus souvent ils ont le dessous. Il faut pourtant le dire, que cet état des choses quoique existe encore, mais depuis que le gouvernement a commencé à traiter à l'égal le clergé de deux rits, qu'il a diminué notablement. La promotion au Cardinalat du feu Mgr. Lewicki contribua aussi à niveller un peu les deux clergés. Elle releva un peu le clergé ruthenien et lui inspira plus de confiance pour le siège apostolique.
    La question du rit est une des plus graves pour l'Église grecque-catholique. En général aujourd'hui le clergé se penche vers l'observation exacte de son rit, qui se conserve encore le mieux parmi les valaques, moins déjà parmi les slaves de Hongrie et il est les plus dénaturé en Galicie. On y a introduit beaucoup d'usages latins qui ne concordent pas et même font contraste à l'esprit et à la symbolique du rit grec. Les changements ont donné à un proverbe dérisoire: que les unis ont fait Constantinople sans atteindre Rome. Il est facile à comprendre qu'avec de tels changements, l'action de l'Église unie sur les non-unis est nulle et ne peut exercer qu'une influence fâcheuse. Les prêtres qui comprennent l'esprit de leur rit en sont indignés et cela au lieu d'attacher les Rutheniens au Saint Siège, plutôt les en éloignent.
    La pauvreté de l'Église grecque-catholique forme aussi un obstacle à son développement. Les Evêques, ses chanoines, ses curés comparés avec leurs voisins latins paraissent très pauvres. Cette pauvreté empêche la fondation des établissements qui pourraient développer la vie et l'activité de cette Église, elle ne lui laisse pas le pouvoir de faire des mouvements dans l'espace plus large. Ainsi par exemple les diocèses de Galicie sont très grands. On a reconnu la nécessité de les diviser en trois diocèses, on l'a fait même sur le papier, mais le manque des fonds en empêche l'execution. Pour la même cause on ne peut pas faire de établissements d'éducation tant pour les jeunes gens que pour les filles. Jadis l'Église grecque-catholique avait sa riche noblesse qui pouvait l'aider mais la prédomination et la propagande latine l'a lui ôté. Peut-être, vue les besoins de cette Église on pourrait obtenir du Saint Siège pour les familles de l'ancienne noblesse ruthenienne, la permission de revenir à leur ancien rit.
    Ainsi le défaut d'un lien entre les neufs diocèses grecs-catholiques de l'Empire, l'esprit de supériorité et de domination du clergé latin voisin et les abus qui en sont suivi, les divers changements introduits dans le rit, la pauvreté de ces diocèses et ce qu'il faut ajouter le manque de la vie intérieure dans le clergé, enfin le mode exceptionnel de gouverner ces diocèses à Rome même où ils sont soumis à la Congrégation de la propagande - le voilà les unes qui maintiennent l'Église grecque-catholique dans un état d'abaissement, la rendent faible et incapable d'accomplir sa haute destination, savoir la réconciliation des Églises orientales séparées; la destination à laquelle elle seule est appelée et que l'Église latine sans elle ne pourra jamais opérer.
    A ces causes il faut ajouter encore le faux zèle de quelques Delegati apostoliques en Orient qui introduisent chez les Orientaux, tantôt le calendrier grégorien, tantôt les habits sacrés latins, tantôt autres choses, comme cela a eu lieu dernièrement chez les chaldéens, les syriaques et les melchites, faiblissent les Églises unies, sèment la discorde au sein de ces Églises elles-mêmes et éloignent encore davantage les Églises séparées de l'Église romaine. C'est bien triste mais il faut le dire, que cette manière d'agir ne peut qu'amener un refroidissement des unis pour le siège apostolique et la destruction totale des Églises unies.
    Mais que faire dans cet abus des choses? Avant tout il faut relever ces Églises de l'état auquel on les a réduit. Et pour nous borner à la seule Église grecque-catholique des slaves et valaques qui existe en Autriche, il nous semble, qu'il faudrait avant tout que le gouvernement de Sa Majesté Impériale Royale et Apostolique conjointement avec le St. Siège fasse réunir un Concile de tous les Evêques grecs-catholiques de l'Empire, qui s'occuperait de remédier à tous ces maux. La formation d'un patriarcat de tous les diocèses grecques-catholiques de l'empire, avec un patriarche à leur tête qui traiterait les affaires de son Église directement avec sa sainteté le pape lui-même et non pas par l'intermédiaire de la propagande, l'introduction de l'unité du rit conformément aux prescriptions et usages de l'Église grecque, l'abolition des prééminences que le clergé latin s'attribue encore souvent et l'équiparation [équipartition] de l'Église et du clergé slave et valaque dans tous les droits et privilèges avec l'Église et les clergé latins, l'abolition des injustes abus comme du tribut mentionné nommé Michna et d'autres qui peuvent encore exister, la gratification plus fréquentes du clergé grec-catholique avec les dignités et des titres honorifiques romains savoir les cardinalats, les protonotariati apostoliques, les titres des missionnaires apostoliques etc., le choix des sujets dignes et zelés pour les Eveques - le voilà les moyens qui certainement releveraient l'Église grecque-catholique de son abaissement et lui donneraient assez de forces pour faire front aux dissidents tant en Autriche qu'ailleurs. Alors on pourra agir efficacement sur les populations non unis de la Turquie. L'Église grecque n'aura plus le droit de faire aux unis des reproches, qu'elle fait avec quelque justice aujourd'hui, savoir: qu'on les a latinisé et qu'on les tolère seulement jusqu'au moment où on pourra les convertir tout-à-fait au latinisme comme on l'a fait avec, les Bohèmes, les Moraves et tant d'autres. Tous ces choses là le gouvernement de Sa Majesté Impériale Royale et Apostolique pourrarit faire facilement en s'entendant avec le Saint Siège, qui certes de son côté donnera avec zèle la main à cette œuvre de régénération de l'Église grecque-catholique. Qu'il me soit permis encore d'ajouter deux mots sur le cardinalat. La nomination du feu Mgr. Lewicki au cardinalat a exercé une très bonne influence sur toute l'Église grecque-catholique, on pourrait citer pour cela mille preuves. Aujourd'hui on s'interroge avec inquiétude, pourquoi les Saint Siège ne nomme-t-il pas un autre cardinal ruthenien? Il y en a même déjà des ceux qui soupçonnent dans cette première nomination quelque intention hostile du St. Siège. Il serait à désirer que le gouvernement de Sa Majesté Impériale Royale et Apostolique daigne s'entendre sur ce sujet avec le saint siège et obtient la nomination d'un nouveau cardinal de ce rit – pour le bien de l'Église grecque-catholique il serait bien si le haut gouvernement Impériale Royale et Apostolique obtient de la Sainteté une décision qu'au Collège des Cardinaux il doit avoir toujour[s] un cardinal ruthenien avec la résidence à Rome où il pourrait efficacement défendre et protéger son Église.

    Votre Excellence me permettra d'ajouter encore quelques mots sur l'état de l'ordre religieux de Saint Basile, l'unique que l'Église grecque possède et qui par conséquent doit jouer un rôle de plus important dans cette Église. Lui seul il doit remplir le but auquel la vie religieuse est destinée dans la société chrétienne. Il doit être le centre de la vie spirituelle il doit montrer par ses enseignements et ses exemples la voie du salut, il doit enseigner la foi et défendre contre ses ennemis et enfin il doit servir la société en se vouant à l'enseignement et aux œuvres de miséricorde. Malheureusement cet ordre est actuellement bien loin de répondre à cette sublime destinée.
    Il y en a en Autriche deux provinces de l'ordre de St. Basile, qui ne sont pas unies entre elles par aucun lien; une d'elle est en Galicie et l'autre en Hongrie. La première compte quatorze couvents des hommes et deux couvents des femmes, dans lesquels il y a actuellement 66 religieux profés, 16 qui n'ont pas encore fait leur vœux et onze religieuses. La seconde n'a que huit couvents des hommes et un allodium avec 32 religions profés et quelques novices qu'on ne peut pas compter car avec la direction actuelle de l'ordre ils s'y maintiennent rarement.
    La province de la Galicie bien qu'elle n'est pas à présent à la hauteur de sa vocation elle est pourtant beaucoup mieux que celle de Hongrie et le zèle de son supérieur provinciale fait espérer qu'elle va se relever. Il y a là un noviciat régulier, les religieux étudiants fréquentent les cours de Théologie à l'université de Leopol, il y a quelques uns qui sont au séminaire ruthenien de Viennes, pour s'y préparer au doctorat. Les Basiliens maintiennent en Galicie une école gymnasiale, trois écoles normales et desservent huit paroisses. Il faut ajouter à cela que presque tous les couvents de la Galicie sont plus ou moins suffisamment dotés.
    En Hongrie au contraire, jusqu'à présent il n'a y a aucun noviciat régulier, bien qu'avant deux ans Mgr. Visitateur apostolique a ordonné son établissement et lui-même nomma un maître des novices, mais le provincial ne s'y presse pas, et aujourd'hui encore le noviciat est vide. On n'y enseigne pas aux novices autre chose, qu'un peu de chant de l'Église et puis on les envoie par couvents pour s'occuper des quêtes. On les laisse même sans aucune instruction religieuse, d'où il s'en suit, qu'ils peuvent parfaitement oublier leur catéchisme s'ils en savaient quelque chose. L'enseignement théologique s'y fait en levant, car les jeunes gens qu'on reçoit à l'ordre, en général n'ont pas assez d'instruction pour pouvoir suivre les études du séminaire, et s'il se présentent des sujets plus instruits on ne les reçoit guère. Et cet enseignement est très faible. Pour recevoir les ordres rares, les jeunes religieux sont obligés de passer un examen devant les professeurs du séminaire d'Unguar. Un de plus dignes prêtres et des plus savants professeurs de ce séminaire le chanoine Csapcey, m'assurait, que s'il ne s'agissait pas du maintien de l'ordre, on ne pourrait pas pour la plupart les admettre au sacerdoce. Ce qui est bien naturel, car les novices arrivent ordinairement sans études préparatoires; quelques années qu'ils passent aux couvents, sont consacrées à faire des quêtes, des lesquelles ils ne peuvent rien apprendre et le plus souvent ils y perdent beaucoup et après cela on les envoie faire leurs études théologiques d'un professeur qui lui-même n'est pas bien fort. Aussi l'ordre marche rapidement vers sa destruction. Dans l'espace de dix ans, la mort lui a enlevé 27 prêtres et pendant ce même temps on n'a pas pu présenter plus que six jeunes gens pour le sacerdoce. Il est vrai qu'il n'y a que peu de sujets qui se présentent pour embrasser la vie religieuse et ceux-ci encore sont sans une instruction suffisante, mais je suis convaincu que la cause toute entière est dans l'incapacité du supérieur provincial et dans sa mauvaise manière de gouverner. Il n'y a rien là, que pourrait attirer un jeune homme tant soit peu cultivé et il y a tout qui peut le repousser. La visite apostolique a voulu y remédier en imposant des nouvelles règles pour l'ordre; mais ces règles sont restées sur le papier et jusqu'à [ce] que la province n'est pas à sa tête un homme qui voudrait et serait en état de les mettre en pratique, certe[s] qu'on ne peut espérer aucune amélioration. Il s'en suit de cet état des choses que la vie religieuse n'y existe pas. Quelques uns des supérieurs des couvents pourtant travaillent avec zèle pour relancer leurs couvents de l'abus de décadence matérielle dans laquelle ils se trouvent. Il faut avouer aussi que la plupart des couvents n'ont pas des dotations suffisantes et que sans quêtes il leur serait impossible de se maintenir. Les Basiliens d'Hongrie desservent une paroisse à Mariepocs [Mariapocs] et ils y maintiennent une école normale et une autre pour former les chantres de l'Église toutes deux en passablement mauvais état. Le couvent de Mariepocs [Mariapocs] et celui de Munkats [Mukatschewe]ont des dotations suffisantes.
    On peut voir de cela que la province de Hongrie de l'ordre de St. Basile est menacée d'une prochaine ruine si on n'y porte pas à temps des remèdes et remèdes héroïques. Mais que peut-on y faire? La première chose serait de lui donner par le pouvoir apostolique un supérieur provincial capable de la régénérer. C'est vrai que l'ordre n'y possède pas un tel homme, il y a pourtant quelques religieux qui ont au moins une bonne volonté et un zèle du bien, par exemple le P. Irené Zelny supérieur du couvent de Kis-Berezne qui a restauré entièrement ce couvent. Ensuite il serait à désirer que les deux provinces soient unies au moins un supérieur général, sous un archimandrite (abbé), nommé pour la première fois par le Saint Siège sur la proposition du Métropolitain de Leopol et ensuite par la régulière élection. Le gouvernement de Sa Majesté Impériale Royale et Apostolique dans sa sollicitude pour la régénération de cet ordre religieux trouverait certe[s] quelque moyen pour le doter suffisamment. L'archimandrite veillerait les provinciaux et autres supérieurs. Il serait utile qu'il aie le droit de les suspendre et même les déposer sauf la confirmation de son jugement par le métropolitain de Leopol. Il faudrait en outre que l'archimandrite veille particulièrement sur les noviciats, qu'il encourage les religieux à l'amour de l'étude, qu'il les venge de l'enseignement des missions. Il serait bien nécessaire de doter les couvents plus pauvres specialement les trois couvents: de Krasnobrod, de Bukovakora et de Kis-Berezne afin qu'ils puissent se passer sans avoir besoin de quêter, et de fonder un nouveau couvent dans la ville d'Unguar afin que les jeunes religieux y puissent fréquenter les écoles gymnasiales et faire leurs études théologiques au séminaire du diocèse. Je crois qu'on pourrait le faire sans onerer le trésor publique, en faisant dans ce but une loterie comme on l'a fait pour quelques établissements publiques. Le revenu net qui devrait s'élever à 200.000 florins WA suffirait pour doter les dits trois couvents et pour la fondation et la dotation de couvent d'Unguar. Un des Évêques rutheniens d'Hongrie pourrait veiller à l'exécution de tout cela. Il serait encore nécessaire pour relever l'ordre de St. Basile de revenir aux anciens usages de l'Église grecque, par lesquels les Évêques n'étaient jamais choisis que des religieux de cet ordre, ou au moins d'établir qu'ils soient nommés successivement une fois du clergé régulier et l'autre fois du clergé régulier et que dans les chapitres diocésaines il y avait toujours des chanoines élus de l'ordre de St. Basile.

    La sollicitude de Votre Excellence pour le bien de l'Église et sur haute lumière me font espérer qu'Elle daignera accueillir avec bienveillance ce succinte [succincte] exposé, dans lequel s'il n'y a d'autre chose il y a toujours la bonne volonté de servir Dieu et son Église.

    J'ai l'honneur d'être de Votre Excellence

    le plus humble serviteur
    Vladimir Terlecki
    Prêtre de l'ordre de St. Basile en Hongrie
    Docteur en médecine et en théologie